Contexte et justification

Contexte du programme

Les efforts déployés pour enrayer l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest (2013-2016) ont révélé des déficits fondamentaux dans les politiques et stratégies sanitaires des pays affectés, mais aussi des organisations régionales et internationales. La propagation de l’épidémie a été aggravée par des migrations transfrontalières en Afrique de l’Ouest, des insuffisances fondamentales dans les systèmes de santé, la perte de confiance du public vis-à-vis des autorités sanitaires et la commu-nication des risques inefficaces. La Commission de la CEDEAO et l’Organisation ouest africaine de la santé (OOAS) sont mandatés pour aider les États membres à contrôler les épidémies.

Le soutien apporté aux États membres par la CEDEAO, ses institutions et les agences spécialisées sur la mise en place et le renforcement de mécanismes de lutte contre les épidémies conformément au Règlement sanitaire international (RSI 2005) est en perfectionnement et nécessite un soutien institutionnel supplémentaire. L’objectif du Programme régional d’appui à la prévention des pandé-mies dans la région de la CEDEAO (RPPP) est de veiller à ce que « les conseils fournis par la Commission de la CEDEAO, les institutions et les agences spécialisées aux États membres de la CEDEAO sur la mise en place de mécanismes de lutte contre la maladie conformément au RSI, (2005) soient respectés ».

Le programme intervient aussi bien au niveau régional comme dans certains pays d’intervention :

Le Libéria, la Sierra Leone, la Guinée et le Togo, ainsi que le Nigeria et le Ghana.

Au niveau régional, le programme devrait conseiller l’OOAS et le CRSCM, afin de mieux remplir son mandat et de pouvoir apporter un soutien plus efficace aux États membres dans l’élaboration de certaines capacités essentielles du RSI, tels que la communication des risques, la coordination et les ressources humaines. Cette stratégie devrait améliorer la capacité des systèmes de santé à faire face au contrôle de la maladie et permettre un confinement plus complet, plus opportun et plus efficace des épidémies et des épidémies de maladies.

Quatre piliers ont été identifiés pour le programme :

1. Amélioration de la communication sensible au genre sur les risques pour la santé dans la région de la CEDEAO.

2. Renforcer la communication et la coordination inter-institutionnelles entre la commission de la CEDEAO et les institutions spécialisées sur le contrôle de maladies

3. Améliorer les ressources humaines, aidant les États membres de la CEDEAO à mieux s’acquitter de leurs tâches de lutte contre les maladies infectieuses.

4. Renforcer la surveillance numérisée et de la gestion des épidémies au Nigeria et au Ghana.

La communication de risques fait partie intégrante de la riposte aux flambées épidémiques de ma-ladies infectieuses et la base du RSI (2005) nécessitant un renforcement dans la région d’Afrique de l’Ouest. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la communication de risques est l’échange en temps réel d’informations et de conseils entre les responsables de la santé et les personnes à risque. Son objectif est de fournir suffisamment d’informations et de conseils aux per-sonnes touchées pour prendre des décisions pertinentes pour leur santé et leur bien-être afin de limiter les effets des menaces telles que les épidémies et prendre des mesures de protection et de prévention. Pour y parvenir, la communication sur les risques utilise un mélange de stratégies et de méthodes de communication et d’engagement, y compris, mais sans s’y limiter, les communi-cations médiatiques, les réseaux sociaux, les campagnes de sensibilisation de masse, la promo-tion de la santé, l’engagement des parties prenantes, la mobilisation sociale et l’engagement com-munautaire.

Dans le cadre du RPPP, des hackathons précédents ont eu lieu en Sierra Leone, au Libéria et au Nigéria avant la Guinée. La date proposée pour le hackathon qui aura lieu à Conakry est du 11 au 14 mars 2019.

Contexte guinéen

La Guinée est l’un des principaux pays touchés par l’épidémie à virus Ébola en Afrique de l’Ouest de 2013 à 2016, avec 3,814 cas et 2 544 décès dans ce pays1. L’épidémie, qui a commencé avec la mort d’un garçon de deux ans en 2013 dans le village de Meliandou, Guéckédou Préfecture, Guinée, faisait partie d’une épidémie plus grande en Afrique de l’Ouest qui se propageait en Guinée et les pays voisins du Libéria et de la Sierra Leone, avec des flambées mineures survenant au Sénégal, au Nigéria et au Mali. La Guinée a été déclarée exempte de la transmission d’Ébola par l’OMS en 2015.

La Guinée, le Libéria et la Sierra Leone ont souffert de guerres civiles dévastatrices, qui ont eu des profondes conséquences négatives sur l’infrastructure des systèmes de santé des pays, qui est l’une des raisons de la propagation sans précédent de l’épidémie. En Guinée, la densité du per-sonnel de santé (médecins, infirmières, sages-femmes, dentistes, pharmaciens et psychiatres) est inférieure à 1,5 pour 10 000 habitants, avec trois lits d’hôpital pour 10 000 habitants. Les dépenses publiques par habitant pour la santé s’élèvent à 9 $ US par an2.

Au cours de l’épidémie d’Ébola en Guinée, certains groupes de population ont montré une forte méfiance vers le gouvernement et les experts externes. Les raisons qui expliquent cela sont nom-breux et complexes et peuvent être attribuée à par exemple : la diversité ethnique, les relations de pouvoir et la communication peu claire au sujet de l’épidémie et sa réponse, ainsi qu’un l’engage-ment des communautés insuffisant. Ce manque de confiance a donné lieu à des rumeurs (exemple : la commercialisation d’organes humains ou l’élimination de populations minoritaires) et a entravé les efforts de riposte en général3.

Les enseignements tirés de l’épidémie de Ébola ont montré que ‘trouver des solutions locales’ joue un rôle central dans l’efficacité de la communication de risque en cas d’urgence, de s’engager avec les dirigeants locaux et les structures organisationnelles, d’utiliser le personnel local, des modèles de communication, les réseaux et les langues pour adapter les interventions aux communautés locales. En outre, l’importance d’inclure les réseaux sociaux dans les stratégies de communication des risques d’urgence augmente3.

L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS) est la principal agence Guinéenne gouverne-mentale qui a travaillé en tant que Centre national de riposte au virus Ébola durant l’épidémie. Créé en 2016 par le président du la République de Guinée, sous la supervision du ministère de la santé, elle est chargée de la mise en œuvre des orientations stratégiques du ministère en matière de sécurité sanitaire et a le mandat de la communication sur les risques sanitaires.

Le pourcentage d’alphabétisation de la population totale en Guinée est 30,4%, selon des estima-tions de 20154 (38,1% homme et 22,8% femme). Le total des abonnements aux téléphones mo-biles est 10,8 millions avec 87 abonnements pour 100 habitants1 ; et le nombre total d’internautes est 1 185 148, qui représente 9,8% de la population totale du pays.